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À la découverte de l'univers a 15 ans: retour sur le chemin parcouru et regard vers l’avenir

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    À la découverte de l'univers
  • il y a 1 jour
  • 10 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 heures

Nous célébrons quelque chose de très spécial! Le 15ᵉ anniversaire d’À la découverte de l'univers représente une étape importante. Nous avons voulu prendre un moment pour revenir sur notre parcours en discutant avec Julie et Lindsay, afin d’explorer les débuts d’À la découverte de l'univers, son évolution, ce qui est demeuré au cœur du programme et ce que nous imaginons pour son avenir.


Camille, notre spécialiste des communications et de l’éducation, a rencontré Lindsay et Julie pour une entrevue que nous avons filmée et retranscrite pour vous! Si vous préférez écouter ou regarder cette discussion, vous pouvez la trouver ici. Veuillez noter que cette transcription est un « montage » de nos discussions en anglais et en français; elle ne correspond donc pas exactement à ce qui a été dit dans la vidéo.

Logo d'origine (2011).
Logo d'origine (2011).

Camille: Pour revenir au tout début, racontez-moi les origines d’À la découverte de l'univers. C'était comment, les toutes premières années? Est-ce que vous imaginiez que ça deviendrait ce que c'est aujourd'hui?


Julie: Pas du tout. Quand on a commencé, je ne pensais vraiment pas qu'on serait encore là 15 ans plus tard. Si je l'avais su, j'aurais probablement été plus détendue, parce que c'était toujours un défi de trouver du financement et de faire avancer les choses.


À la découverte de l'univers est en fait un programme héritage de l'Année mondiale de l'astronomie 2009, qui a été célébrée partout dans le monde. Au Canada, il y a eu une collaboration incroyable entre les astronomes professionnels et amateurs, et j'ai été embauchée en plein milieu de cette effervescence. On voulait créer quelque chose qui continuerait après 2009.


La toute première formation a eu lieu en mai ou en juin 2011. C'était une formation en ligne, non pas parce qu'on était innovateurs et en avance sur notre temps (après tout, on était en 2011!), mais parce qu'on n'avait pas le budget nécessaire pour que je puisse me déplacer partout au pays. On voulait rejoindre le enseignants et enseignantes partout au Canada.


Éventuellement, on voulait que le programme soit bilingue. Mais la toute première formation a été offerte uniquement en français, parce que nos ressources étaient vraiment limitées. Pendant les trois premières années, on a survécu avec un budget d'environ 20 000 $ par année. C'était vraiment tout petit. Je travaillais seulement à temps partiel, avec très peu d'heures et un budget très limité.


Mais je croyais vraiment à ce qu'on essayait de bâtir. J'ai écrit de nombreuses demandes de financement, et je trouve encore incroyable aujourd'hui que ce soit devenu mon emploi à temps plein et que j'aie maintenant une équipe avec moi. C'est vraiment agréable que vous soyez toutes les deux ici aujourd'hui.

Logo revisité (2024).
Logo revisité (2024).

Camille: D'après ce que vous venez de raconter, quel a été le changement le plus important pour À la découverte de l'univers au fil des années? Qu'est-ce qui a vraiment changé pendant ces 15 ans?


Julie: Pendant de nombreuses années, il n'y avait que moi, à temps partiel, qui essayais d'obtenir du soutien et du financement. Les choses ont changé lorsque l'Institut Dunlap de l'Université de Toronto nous a adoptés. Ça a vraiment sauvé le programme et lui a apporté une plus grande stabilité. Puis, un autre tournant important a été le moment où j'ai pu embaucher Lindsay.


Elle est avec moi depuis 2018, et ce que j'aimais dans l'idée de l'intégrer à l'équipe, c'est que je cherchais volontairement quelqu'un qui avait des compétences complètement différentes des miennes. Je pense que c'est vraiment ce qui nous a permis de grandir ensemble. Lindsay, je ne sais pas si tu aimerais dire quelques mots sur ton arrivée?


Lindsay: On se connaissait déjà un peu et on avait travaillé ensemble sur un autre projet. J'étais vraiment emballée à l'idée d'aider parce que, dès que j'ai eu accès aux coulisses — les fichiers, le site web, tout ça… je me suis immédiatement dit: «Je pourrais remettre un peu d'ordre là-dedans.»


Je pouvais aider à simplifier les choses, et ça m'enthousiasmait énormément. Aider les petites organisations, c'est quelque chose qui me rend sincèrement heureuse. J'adore rendre les choses belles. Travailler sur le site web et faire évoluer notre image de marque est devenu une sorte de projet passion que je n'ai jamais vraiment laissé de côté. Je continue d'essayer de nous présenter sous notre meilleur jour. Je ne sais pas si je réponds exactement à la question, mais je suis véritablement tombée en amour avec l'idée d'aider à faire rayonner l'ensemble du projet. Et j'espère que c'est vrai, mais je pense que ça a permis à Julie de se concentrer davantage sur le contenu lui-même plutôt que de se préoccuper de la révision, de l'administration et de tous les détails en coulisses.


Julie: Oui, exactement. Moi, je me concentre sur le contenu, et toi, tu fais en sorte que ça soit beau et que ça paraisse bien. C'est encore comme ça qu'on fonctionne aujourd'hui, et ça fonctionne très bien.


Lindsay: Je pense que c'est une symbiose. Ce que je fais met en valeur ce que tu fais, et ce que tu fais inspire ce que je fais. Ça fonctionne, tout simplement. Et j'adore toujours autant ça.


Camille: Est-ce qu'il y a un projet en particulier sur lequel vous avez travaillé ensemble qui ressort comme un moment marquant, quelque chose dont vous êtes particulièrement fières ou qui a représenté un tournant?


Lindsay: Pour moi, ce serait Astro à la maison, quand la pandémie a frappé et que les enfants se sont soudainement retrouvés à la maison. Notre programmation s'adressait toujours aux enseignant.e.s, mais on s'est adaptées. Trois jours à peine après le début des fermetures au Canada, Julie et moi avions lancé un nouveau programme. L'idée venait de Julie, puis moi, je l'ai concrétisée sur le plan technologique. On a rassemblé des astronomes de partout au Canada et offert des présentations bilingues quotidiennes directement aux enfants. Il y avait deux présentations par jour, cinq jours par semaine.


Julie: Au départ, on avait prévu ça pour deux semaines, puis on a étiré ça à onze semaines parce que le confinement a duré plus longtemps que ce qu'on avait imaginé.


Lindsay: Même aujourd'hui, quand j'y repense, je suis impressionnée. Je me dis: «Ça se peut pas qu'on ait fait ça tous les jours.» Mais oui. C'était vraiment extraordinaire. On travaillait avec des gens partout au pays, on échangeait avec des enfants tous les jours, et ça nous a donné un véritable sentiment d'utilité à une période où, je pense, beaucoup de gens n'avaient plus vraiment ce repère. Ça a été un moment très important pour nous.


Julie: Astro à la maison a été incroyable, mais pour moi, je dois aussi parler de la période entourant l'éclipse solaire totale de 2024. Je n'aurais jamais pensé me retrouver, un jour dans ma carrière, dans une situation où mon expertise serait autant recherchée par le milieu scolaire. Tellement de gens se sont tournés vers nous. On a offert une foule de ressources et distribué quelque chose comme 300 000 paires de lunettes d'éclipse. C’était tellement gros — c’était fou! Mais on a réussi. On est une petite équipe et, avec le recul, je pense qu'on avait vraiment bien planifié les choses. On a tout organisé, simplifié les processus et multiplié notre impact. À la fin, on formait des centaines d'enseignants chaque semaine. Les chiffres étaient tout simplement impressionnants.


Lindsay: Ils l'étaient vraiment. On a eu près de 100 000 visites sur notre site web en très peu de temps. Le nombre d'interactions, de courriels et de ressources qu'on a gérés était énorme.


Une chose dont j'étais particulièrement fière, ce sont les documents sur les savoirs autochtones qu'on a contribué à soutenir. On ne les a pas créés nous-mêmes, mais des collaborateurs autochtones les ont partagés avec nous, et on a aidé à faire en sorte qu'ils soient traduits dans des langues autochtones et diffusés plus largement. Ça avait énormément de sens pour moi. On a pu contribuer à rendre ces ressources accessibles aux Canadiens et Canadiennes et à faire connaître des façons de comprendre le monde que je trouve inestimables. J'en étais vraiment fière.


Camille: Quel genre d'impact espérez-vous qu'À la découverte de l'univers ait dans les classes?


Julie: Le but d'À la découverte de l'univers, c'est d'augmenter la culture scientifique, de développer la curiosité chez les jeunes. On sait que l'astronomie fascine. Les enfants adorent ça. Mais ça peut être difficile à enseigner quand on n'a pas de formation dans ce domaine. Mon objectif, c'est de rendre ça simple pour les enseignants, intéressant pour les élèves, et d'apporter dans les classes cette curiosité et cet émerveillement face à l'Univers. J'espère qu'on est là pour soutenir les profs, être une source d'information crédible et leur proposer des activités faciles à utiliser. J'ai toujours 1000 idées de ce qu'on pourrait faire, mais on n'a jamais le temps de tout faire! Ça fait partie de la réalité!


Camille: Ça fait maintenant 15 ans. Qu'est-ce qui vous motive encore après tout ce temps?


Lindsay: J'adore toujours autant ça. Je suis la seule personne de l'équipe qui n'a pas de formation en astronomie ou en sciences. Je viens plutôt du milieu des arts. J'ai l'impression d'apprendre constamment. Mes connaissances en astronomie continuent de grandir, et je trouve ça vraiment fascinant. L'Univers est une source inépuisable d'émerveillement.


Mais au-delà de ça, le sentiment de camaraderie et le soutien qu'on a comme équipe font de cet endroit un lieu où il fait vraiment bon travailler. Quand les gens aiment sincèrement leur travail et sont heureux de retrouver leurs collègues, ça donne envie de continuer. J'aime aussi le fait qu'on ait pu embaucher davantage de personnes, parce que ça nous a permis de nous consacrer à des projets qu'on n'aurait jamais pu entreprendre auparavant. On évolue constamment. On a répondu présent pendant la pandémie. On a répondu présent pendant l'éclipse. On essaie toujours de rejoindre les gens là où ils sont et de répondre aux besoins du moment. C'est infiniment stimulant. Je ne vois pas comment je pourrais manquer de motivation pour continuer à travailler ici.


Julie: L'éducation en astronomie, c'est ce que j'aime faire. J'ai étudié l'astronomie, et j'ai rapidement compris que je ne voulais pas me concentrer sur un seul domaine de recherche. Je voulais une vue d'ensemble. Je voulais faire découvrir l'astronomie au grand public, aux écoles, aux enfants. Je veux contribuer à renforcer la culture scientifique. C'est mon objectif.


J'aime aussi le fait qu'on forme des personnes enseignantes. Au fil des années, on a eu des discussions pour savoir si on devrait plutôt travailler directement avec les enfants, mais on a toujours préféré donner les moyens aux profs de transmettre ces connaissances. Une fois qu'ils sont à l'aise avec l'astronomie, ils peuvent continuer à la partager avec leurs élèves pendant vingt ou trente ans. Les enseignants font un travail tellement important, et si on peut les aider, même un peu, ça a beaucoup de valeur.


Je suis loin d'être à court d'idées. Il y a encore tellement de choses qu'on veut faire et tellement plus de personnes qu'on peut rejoindre. On demeure une très petite équipe, mais j'aime le fait qu'on arrive à accomplir autant avec les moyens qu'on a. Et si on n'aimait pas sincèrement travailler ensemble, on ne ferait plus ça aujourd'hui. Je sais qu'il y a encore beaucoup de belles choses à venir.


Camille: En regardant vers l'avenir, Lindsay, y a-t-il quelque chose qui t'enthousiasme particulièrement en ce moment?


Lindsay: Au début, notre programmation reposait beaucoup sur les webinaires. On offrait des séances en direct, puis les participants recevaient du matériel complémentaire par courriel. Après la pandémie, les gens étaient un peu fatigués des webinaires. Alors, on s'est réorientés vers une meilleure accessibilité de nos ressources et de nos guides. Par contre, ça voulait aussi dire que certains contenus issus de ces anciennes formations étaient devenus moins visibles.


Je travaille avec Julie pour revisiter ces ressources et les intégrer au site web d'une façon qui soit à la fois attrayante visuellement et plus facile à naviguer. En plus de nos guides, on veut s'assurer que tout ce qu'on a créé au cours des quinze dernières années soit directement accessible gratuitement en ligne.

Je sais que ça donne un peu l'impression que je suis en train de vendre quelque chose, mais ça m'enthousiasme sincèrement. Ça me permet d'être créative. Chaque page se ressemble, tout en étant un peu différente, et c'est un défi vraiment stimulant pour mon cerveau. J'adore ça. J'ai hâte que les gens puissent accéder plus facilement à ces ressources.


Camille: Julie, où vois-tu À la découverte de l'univers dans cinq, dix ou même quinze ans?


Julie: C'est intéressant parce qu'au fil des années, le simple fait d'arriver à faire de ça ma carrière représentait déjà un objectif. Le fait de pouvoir créer des emplois en communication scientifique a aussi été une étape importante. J'ai moi-même eu de la difficulté à bâtir une carrière en communication et en éducation scientifiques, alors je suis heureuse de pouvoir offrir ces occasions à d'autres.


À un certain moment, j'imaginais qu'À la découverte de l'univers deviendrait un programme beaucoup plus grand, avec de nombreux employés à temps plein. J'ai encore des idées pour grandir, mais je pense aussi qu'en devenant trop grand, le programme perdrait une partie de ce qui le rend spécial. Je n'aimerais pas revenir à l’époque où j’étais seule, mais j'aime beaucoup le fait d'avoir une petite équipe qui travaille bien ensemble, où je peux encore créer du contenu et échanger directement avec les enseignants. J'espère qu'on va continuer à avancer, rejoindre davantage de personnes travaillant en éducation, offrir plus de formations et développer encore d'excellentes ressources. La réalité des petites organisations, c'est qu'on passe d'une demande de financement à l'autre. Il y a toujours une part d'incertitude. Mais ça nous permet aussi de rêver à ce qui viendra ensuite.


J'espère que, dans quinze ans, on fera encore ce travail et qu'on l'aimera toujours autant.


Lindsay: Je pense aussi qu'on va continuer à miser sur les partenariats communautaires. On a toujours collaboré avec d'autres organisations qui œuvrent en communication et en éducation scientifiques, mais je crois qu'on va continuer d'explorer des façons innovantes d'amener notre contenu dans des communautés qu'on ne peut pas toujours rejoindre directement. C'est quelque chose dont on parle souvent.


Camille: Avant qu'on termine, y a-t-il autre chose que vous aimeriez ajouter?


Julie: Je veux simplement remercier toutes les personnes qui nous ont soutenus au fil des années. Si personne n'avait participé à nos formations, on ne serait plus là aujourd'hui. C'est merveilleux d'entrer en contact avec les gens et de savoir que ce qu'on fait répond à un besoin.

Merci à toutes les personnes qui ont visité notre site web, utilisé nos ressources, échangé avec nous ou nous ont suivis sur les réseaux sociaux. C'est précieux d'avoir cette communauté.


Lindsay: Absolument. Je partage entièrement ce sentiment.


Camille: Ce fut un réel plaisir d'être avec vous aujourd'hui. Encore une fois, joyeux 15ᵉ anniversaire à À la découverte de l'univers. Quelle étape extraordinaire! Aux quinze prochaines années!


Lindsay: Absolument. Merci, Camille.

Julie: Merci.



Retour sur À la découverte de l’Univers!

 
 
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